Mélancolie festive

Un ptit texte sans grand impact que j ai écrit pendant une fête récente ^^

Mélancolie festive

Chacun semble noyer un plaisir euphorique
Dans les grises volutes d'un narguilé d'or,
Dans le bruit envoutant d'une étrange musique,
Ou les lampées amères d'un vicieux confort.

D'amples manteaux foncés prolongés de bijoux
Gesticulent sans joie dans ce lieu déguisé
Dont les murs tapissés dissimulent un trou,
Une fosse animale aux épieux aiguisés.

Ainsi les gens mondains empoisonnent leur vie
Dans l'infini brisé d'une bulle d'envie
Qui court le long des flutes sans y pétiller.

Leur ignoble calvaire est un fameux champagne
Qu'ils savourent au bras d'une fausse compagne
Qui sont un bracelet leur servant à briller.

# Posté le jeudi 22 mai 2008 12:59

Il était une fois la pureté

Un texte un peu long (le plus long que j ai écrit puisqu'il fait 17 strophes, alors que monter vers le néant n en faisait que 13 !) mais grave inspiré à certains passages je trouve. D'autres sont un peu lourdingues mais globalement j aime bien ^^
L' introduction (les 4 premières strophes) est très étrange mais n' a pas un rapport évident avec la suite ^^ j avais juste trouvé ça trippant et puis ça m est venu à la suite de toute façon.
Pour ceux qui ne verraient pas le rapport, ceci est un poème sur le film mythique Il était une fois en Amérique de sergio leone avec robert de niro et musique d ennio morricone, le maitre de la musique mystique bien évidemment ^^

Il était une fois la pureté

Chacun est une carte du jeu de la vie,
certains naissent princiers, d'autres six de carreau,
nul ne sait quand la main portera en héros
ces inquiets numéros que l'attente asservit.

La modestie est brave et la fierté somnole,
les uns sont alourdis par des fables mythiques,
les humbles aguerris par des faits oniriques,
les deux sont sous l'effet de vastes fariboles.

Mais ces belles volutes qu'on touche des yeux
proviennent malgré elles de vraies cheminées,
et ces fresques dorées semblant illuminées
ont bien été tissées sur de longs fils soyeux.

Aussi chacun peut croire, espérer et rêver
en imprégnant son âme de témérité
sans pourtant s'éloigner de toute vérité
dont chaque cathédrale a été élevée.

Cinq élégants satyres plein de volupté
ondoyants comme l'eau d'un agréable lac,
habillés d'un pipeau excitant les matraques ;
de quatre de leurs bras devinrent amputés.

Le plus jeune d'entre eux était un faible faon
qui courait innocent au devant de ses frères,
les lèvres sifflotant de pensées printanières ;
le plus frêle compère était un simple enfant.

Sous un pont obscurci qui annonce la mort,
il s'élance en un souffle flottant et léger
sans savoir que dans l'ombre guettait le danger,
une hyène furtive à l'instinct carnivore.

Il détale et s'enfuit tandis que ses amis
dissimulent leurs corps d'un probable carnage
derrière les carcasses d'endormis rouages
et que leur prédateur s'apprête à l'infamie.

Son doux flegme buccal se transforme en un cri,
ses jambes cotonneuses se font de métal
et ses tympans distraits n'entendent que les balles
de l'acier répugnant d'un canon en furie.

Il est atteint, blessé, tué mais non coupable.
Son plus joli sourire embrasse le bitume
dans l'étreinte figée d'une ultime amertume.
Il avait dérapé sur ce béton de sable.

La terre est un pigeon boiteux et pollué.
Ils voudraient y verser les larmes pacifiques
d'un océan meurtri par des feux maléfiques,
mais leurs pleurs consumés se seraient dilués.

Du tendre farfadet il ne reste qu' un mot,
une paume rougie et un n½ud papillon,
et le son ressenti d'un dernier carillon
qui clôt ses fins iris en un profond sanglot.

Pourtant la bête rode et le temps de rager
ou de rendre un hommage à ce jeune martyr
qu'a frappé un fléau dont on veut compatir
n'est pas le bienvenu. Il est temps de venger.

L'oncle qui l'a porté et dont la main rougeoie
s'empare de la dague de la rédemption,
le coutelas des justes et de l'affliction,
et sent ses nerfs frémir d'impatience et d'émoi.

Soudain son intuition de traqueur passionné
s'allonge vers le fauve en un bras salvateur
et multiplie les coups dans le corps du tueur
en répandant sa haine dans l'homme espionné.

Mais la sécurité n'entend rien au vrai sens
de ce qu'est la justice et empoigne cet ange
pour l'emmener croupir dans la fétide fange
qui lézarde les murs cloitrant sa pénitence.

Derrière les barreaux de sa prison roulante
il esquisse un adieu nostalgique et mutin
des doigts qui recueillirent les v½ux du lutin
aux trois seuls survivants de cette heure sanglante.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 17:43

L'appel de la vérité

Un texte à mettre en relation avec Monter vers le néant, en analysant ce que celui-ci a de vie quand l'autre était mortuaire. Commencé hier soir et terminé aujourd'hui.

L'appel de la vérité

Certains rêvent d'un bleu, limpide,calme et grand,
à la belle auréole éclairant les visages
dont les yeux reflétés suivent le paysage
au gré des platitudes et des ouragans.

Ces poètes marins sont d'insouciants esquifs
qui n'abiment pas l'onde et survolent le sel
en se croyant les maitres d'un monde de ciel
que ne sauraient briser les plus âpres récifs.

Le noir que je contemple a autant d'ambitions,
de fabuleux désirs et de fous sentiments,
un espace où tout fruit est un puissant piment
qui pénètre mon coeur d'une intense impulsion.

Le brasier transparent d'un lointain réverbère
semble vouloir guider mes pas dans le néant,
le soi-disant repaire des vrais mécréants
dont le jour est le bagne et la nuit le cerbère.

Le vide est un corbeau que les gens discriminent
pour son cri, sa couleur et ses traits charognards,
pourtant insaisissable des crocs des renards,
pourtant inaccessible aux massues des vermines.

Comment peut-on juger ce qui est inconnu,
s'écarter d'un chemin qu'aucun pied n'a foulé,
éviter une mer où nul mât n'a coulé,
être persuadé de rumeurs saugrenues ?

L'invisible m'appelle sans me le crier
comme une douce nymphe parle aux anémones,
et je viendrai à lui sans conseil de personne,
sans révolte et sans peur, sans rien fuir ou nier.

# Posté le lundi 12 mai 2008 11:26

Modifié le mardi 10 juin 2008 19:43

La muse involontaire

Puisqu'on est dans les textes qui sont liés à Geneviève, et bien qu'on pourrait déceler son essence dans n'importe lequel, voici celui-ci, très explicite sur la dernière strophe que j'aime bien, écrit en mars.

La muse involontaire

Soyeuse comme un drap blanchi par la douceur,
intuitive sorcière à la plume glissante,
la volupté surprend et se montre charmante,
se faisant notre fée puis notre ravisseur.

Ensorcelant le verbe et notre faible esprit,
sa cynique beauté empreinte de noblesse
d'une muse glaciale aux atours de prêtresse
exorcise nos v½ux, inspire notre écrit.

Elle est de ces disciples sans lien au réel,
la douce et vielle femme aux cheveux angéliques,
à la vue fatiguée, aux paroles mystiques,
accoudée au pommeau d'une canne éternelle.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 04 mai 2008 13:48

Consumé

Un poème de déprime

Consumé

Je suis une ombre parmi les ombres,
un candélabre parmi les flammes,
je suis un gardien de la pénombre,
un brasier mort vivant et infâme.

Mon coeur tend son oreille à de belles musiques,
son essence broyée comme une fine feuille
entre deux cimeterres qui sont joie et deuil
est un amas de cendres jugé hérétique.

Je suis minable.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 04 mai 2008 13:06