Un texte un peu long (le plus long que j ai écrit puisqu'il fait 17 strophes, alors que monter vers le néant n en faisait que 13 !) mais grave inspiré à certains passages je trouve. D'autres sont un peu lourdingues mais globalement j aime bien ^^
L' introduction (les 4 premières strophes) est très étrange mais n' a pas un rapport évident avec la suite ^^ j avais juste trouvé ça trippant et puis ça m est venu à la suite de toute façon.
Pour ceux qui ne verraient pas le rapport, ceci est un poème sur le film mythique Il était une fois en Amérique de sergio leone avec robert de niro et musique d ennio morricone, le maitre de la musique mystique bien évidemment ^^
Il était une fois la pureté
Chacun est une carte du jeu de la vie,
certains naissent princiers, d'autres six de carreau,
nul ne sait quand la main portera en héros
ces inquiets numéros que l'attente asservit.
La modestie est brave et la fierté somnole,
les uns sont alourdis par des fables mythiques,
les humbles aguerris par des faits oniriques,
les deux sont sous l'effet de vastes fariboles.
Mais ces belles volutes qu'on touche des yeux
proviennent malgré elles de vraies cheminées,
et ces fresques dorées semblant illuminées
ont bien été tissées sur de longs fils soyeux.
Aussi chacun peut croire, espérer et rêver
en imprégnant son âme de témérité
sans pourtant s'éloigner de toute vérité
dont chaque cathédrale a été élevée.
Cinq élégants satyres plein de volupté
ondoyants comme l'eau d'un agréable lac,
habillés d'un pipeau excitant les matraques ;
de quatre de leurs bras devinrent amputés.
Le plus jeune d'entre eux était un faible faon
qui courait innocent au devant de ses frères,
les lèvres sifflotant de pensées printanières ;
le plus frêle compère était un simple enfant.
Sous un pont obscurci qui annonce la mort,
il s'élance en un souffle flottant et léger
sans savoir que dans l'ombre guettait le danger,
une hyène furtive à l'instinct carnivore.
Il détale et s'enfuit tandis que ses amis
dissimulent leurs corps d'un probable carnage
derrière les carcasses d'endormis rouages
et que leur prédateur s'apprête à l'infamie.
Son doux flegme buccal se transforme en un cri,
ses jambes cotonneuses se font de métal
et ses tympans distraits n'entendent que les balles
de l'acier répugnant d'un canon en furie.
Il est atteint, blessé, tué mais non coupable.
Son plus joli sourire embrasse le bitume
dans l'étreinte figée d'une ultime amertume.
Il avait dérapé sur ce béton de sable.
La terre est un pigeon boiteux et pollué.
Ils voudraient y verser les larmes pacifiques
d'un océan meurtri par des feux maléfiques,
mais leurs pleurs consumés se seraient dilués.
Du tendre farfadet il ne reste qu' un mot,
une paume rougie et un n½ud papillon,
et le son ressenti d'un dernier carillon
qui clôt ses fins iris en un profond sanglot.
Pourtant la bête rode et le temps de rager
ou de rendre un hommage à ce jeune martyr
qu'a frappé un fléau dont on veut compatir
n'est pas le bienvenu. Il est temps de venger.
L'oncle qui l'a porté et dont la main rougeoie
s'empare de la dague de la rédemption,
le coutelas des justes et de l'affliction,
et sent ses nerfs frémir d'impatience et d'émoi.
Soudain son intuition de traqueur passionné
s'allonge vers le fauve en un bras salvateur
et multiplie les coups dans le corps du tueur
en répandant sa haine dans l'homme espionné.
Mais la sécurité n'entend rien au vrai sens
de ce qu'est la justice et empoigne cet ange
pour l'emmener croupir dans la fétide fange
qui lézarde les murs cloitrant sa pénitence.
Derrière les barreaux de sa prison roulante
il esquisse un adieu nostalgique et mutin
des doigts qui recueillirent les v½ux du lutin
aux trois seuls survivants de cette heure sanglante.